Obésité

L'obésité est un fléau qui touche les pays développés et ceux en voie de le devenir. Il semble que 10-20% des hommes et 10-25% des femmes sont obèses et que le pourcentage ne cesse de croître. Comme cette affection se complique souvent d’altérations métaboliques (diabète) et de maladies cardiovasculaires, elle est devenue un problème de santé publique majeur. En outre, 60% des décès annuels dans le monde sont causés par des maladies liées à l’obésité.

PaysSurpoidsObésitéPopulation totale
Etats-Unis193 millions (65,7%)89,8 millions (30,6%)300 millions
Mexique64.8 millions (62,3%)251,1 millions (24,2%)104 millions
Royaume-Uni37 millions (62%)13,7 millions (23%)59,7 millions
Australie11,7 millions (58,4%)4,4 millions (21,7%)20,1 millions
République Slovaque3,1 millions (57,6%)1,2 millions (22,4%)5,4 millions
Grèce6,3 millions (57,1%)2,4 millions (21,9%)11 millions
Nouvelle-Zélande2,2 millions (56,2%)0,8 million (20,9%)4 millions
Canada15,6 millions (47,4%)4,9 millions (14,9%)33 millions
France23,2 millions (37,5%)5,8 millions (9,4%)62 millions
L'OCDE en chiffres 2005. Un supplément à L'Observateur de l'OCDE

Excès pondéral en Suisse

 

Principales causes de l'obésitéLes modifications de notre mode de vie sont probablement en grande partie responsables de ce « nouveau mal du siècle » qu'est l'obésité.

Définition

« L'obésité est une affection dont l’origine est multifactorielle. Elle résulte de l’expression d’une susceptibilité génétique sous l’influence de facteurs environnementaux ». L’obésité peut être en partie considérée comme une inadaptation génétique de l'homme à l'évolution rapide de la qualité des aliments qu’il consomme et au changement radical de son mode de vie.

L'obésité se caractérise par une accumulation anormale de tissu adipeux. L’individu est considéré comme obèse lorsque le taux de graisse dépasse 35% chez les femmes et 25% chez les hommes. L’estimation du pourcentage de graisse étant fastidieuse et coûteuse (mesure de l’épaisseur des plis cutanés, analyse d’impédance bioélectrique ou pesée hydrostatique), l’obésité est le plus souvent définie par l’Indice de Masse Corporelle (IMC ou BMI pour « Body Mass Index »). L'IMC se calcule en divisant le poids, exprimé en kilogrammes, par la taille au carré, exprimée en mètres (IMC = poids [kg] / taille [m²]). Si ce dernier est supérieur à 30 kg/m², cela signifie un excès de masse grasse (obésité) dans la plupart des cas. Il faut cependant rester prudent car la mesure de l’IMC, conçue pour définir l’excès pondéral et l’obésité, ne quantifie pas l’importance de la graisse viscérale (obésité androïde).

Détermination de l’IMC en fonction du poids et de la taille

Tableau IMC

Classification du risque pour la santé en fonction de l'indice de masse corporelle (IMC)

ClassificationCatégorie de l'IMC (kg/m²)Risque de développer des problèmes de santé
Poids inférieur à la norme< 18,5Accru
Poids normal18,5 - 24,9Moindre
Surpoids25,0 - 29,9Accru
Obésité, classe I (modérée)30,0 - 34,9Elevé
Obésité, classe II (sévère)35,0 - 39,9Très élevé
Obésité, classe III (massive)40 et plusExtrêmement élevé
   
  OMS (1998)

La répartition abdominale (androïde) de la graisse est caractérisée par la mesure du rapport taille sur hanches. Des valeurs supérieures à 0,8 chez la femme et 1 chez l’homme sont pathologiques et correspondent à une distribution abdominale du tissu adipeux. Des travaux récents proposent la seule mesure du périmètre abdominal. La norme supérieure de cette mesure est de 102 cm pour l’homme et de 88 cm pour la femme selon la NCEP ATP III (National Cholesterol Education Program Adult Treatment Panel III) alors qu'elle est de 94 cm pour l'homme et 80 cm pour la femme selon la FID (Fédération Internationale du Diabète).

L'obésité abdominale est associée à une augmentation du risque de développer des affections telles l’hypertension artérielle, le diabète, l’hypercholestérolémie, les maladies cardiovasculaires (athérosclérose), certains types de cancer (sein, prostate, colon), l’arthrose, la lombalgie chronique ainsi que des troubles psychologiques. Le volume de graisse viscérale qui est associé à un état de résistance à l’insuline constitue un lien important entre plusieurs composantes du syndrome métabolique, comme l’hyperlipidémie et l’hypertension. Des études récentes ont démontré que l’obésité centrale (ou abdominale) est liée à un risque accru de coronaropathies, de syndrome métabolique, d’hypertension artérielle, de diabète et d’hypercholestérolémie. De plus, l’obésité est associée à une diminution de la capacité physique. En outre, il semble que la qualité de vie est négativement influencée par l’obésité, alors que ce n’est pas le cas pour les individus atteints de surpoids (IMC < 30).

Etiologie et facteurs de risques

Les facteurs environnementaux en cause dans le développement de l'obésité sont complexes et multiples : déséquilibres alimentaires, troubles psychologiques, dérèglement hormonal, sédentarité, prise de médicaments.
Il n’existe probablement pas de « gène de l'obésité » unique
. Cependant, la recherche a identifié plusieurs gênes entraînant une prédisposition à la maladie. L’obésité est probablement la conséquence de plusieurs gênes nécessaires concomitamment. Des études animales ont montré que certains polypeptides, dont la production est génétiquement programmée, sont capables de réguler la prise alimentaire et les dépenses énergétiques. C’est le cas de la leptine exprimée par le gène Ob (souris obèses). Ce polypeptide joue un rôle de signal pour la satiété : l’hormone secrétée par le tissu adipeux informe le cerveau sur la quantité de graisse stockée dans le corps. Une anomalie au niveau de la leptine, de ses récepteurs ou des glandes stimulées par cette dernière engendre des modifications de la quantité de nourriture ingérée. L'aspect héréditaire a en outre été confirmé par l'observation de jumeaux, qui bien qu'élevés dans des conditions de vie séparées, développaient une surcharge pondérale avec des caractéristiques se rapprochant plus de leurs parents biologiques ue de leurs parents adoptifs. Il a également été constaté que si les deux parents sont normaux ou maigres, le risque pour que leur enfant devienne obèse à l'âge adulte est inférieur à 10%. Si l'un des deux parents est obèse, ce risque atteint 40% et grimpe à 80% si les deux le sont. Ainsi, les gènes peuvent avoir un certain impact sur la corpulence et la distribution de la masse graisseuse.

Le caractère génétique de la prédisposition à l'obésité est aussi illustré par le fait que certains gènes ont été sélectionnés par l'évolution. Effectivement, à un moment donné de l'histoire de l'humanité marquée par des périodes de famines, ce sont les individus les plus aptes à stocker des calories sous forme de graisse qui ont bénéficié des meilleures chances de survie (« thrifty gène »).
Bien qu’il y ait quelques cas d’obésité à cause monogénique ou conséquents à des problèmes physiques tels que des traumatismes ou des tumeurs des centres de régulation de l’appétit de l’hypothalamus, la plupart des cas d’obésité sont dus à de mauvaises habitudes de vie où l’alimentation ainsi que la sédentarité jouent un rôle important (bilan énergétique positif). Effectivement, une grande responsabilité est attribuée aux facteurs comportementaux et environnementaux : mode de vie sédentaire (déficit d’activité physique) et alimentation excessive. Ceci conduit à une surconsommation d’énergie. Il est par ailleurs établi qu’un excès de graisses alimentaires est associé à l’obésité. Néanmoins, des données ont démontré que la sédentarité est plus intimement liée à l’excès de masse grasse que l’apport énergétique ou lipidique en excès.
En effet, de nos jours, la sédentarité est de plus en plus fréquente. Elle s’explique par le développement technologique et l’apparition de l’automatisation qui ont conduit à une réduction progressive de l’effort physique dans la plupart de nos actes quotidiens (activités professionnelles et domestiques, loisirs, déplacements). L’accès facilité à une nourriture abondante et bon marché génère une alimentation plus riche en graisses et une surconsommation calorique. A cela s’ajoutent d’autres comportements néfastes comme le tabagisme. Nos ancêtres dépensaient entre 500 et 1000 calories de plus par jour car ils assuraient eux-mêmes des fonctions quotidiennes vitales comme chasser ou se chauffer. Ceci équivalait à une marche de 10 à 15 kilomètres par jour. Ce n’était pas une question de choix, mais de survie. La société d’abondance dans laquelle nous vivons offre tout à profusion, la question de survie a été remplacée par les notions de bien-être et de confort. Aujourd’hui, la menace n’est plus la sous-alimentation, mais bien la sur-alimentation.

De plus, nous observons une déstructuration des habitudes alimentaires souvent engendrée par le stress, le manque de temps et les horaires continus. Ceci influence également la qualité de l’alimentation.

 

ImportantLes modifications du style de vie, les changements du régime alimentaire et davantage d'exercice physique sont à même de corriger l'obésité et ses complications.
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Où nous trouver

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 Consultation d'obésité
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